dimanche 18 janvier 2015

Une difficile délimitation des fonctions

Une difficile délimitation des fonctions
Le réalisateur doit créer des scènes qu’il enregistre fragment par fragment (découpage) avant d’en
effectuer la synthèse (montage). Les décisions qu’il doit prendre portent sur tous les aspects de
cette mise en film : conception générale, ton, cohérence et rythme de l’ensemble, découpage de
l’action en plans, inscription et direction des interprètes dans l’espace et dans le temps, son,
décor, lumière, place de la caméra, cadre de l’image, montage … Plan après plan, le réalisateur
arrache à la pesanteur du réel, les pièces du vaste puzzle qui constituent son film. Chaque
morceau doit non seulement s’emboîter dans ceux qui l’entourent immédiatement, mais aussi
s’intégrer à l’ensemble. Aussi, qu’il se présente à l’équipe comme un tyran ou comme un
séducteur, le réalisateur reste avant tout un coordinateur. Comme le dit Josef von Sternberg, « la
fonction qu’il exerce est élastique à l’extrême », car il se situe à l’intersection des différentes
équipes artistiques et techniques dont il doit savoir susciter et harmoniser les efforts. A l’écoute
de ses collaborateurs, il détient néanmoins le pouvoir de décision. Il lui faut maintenir la
cohérence de l’entreprise dont il détient tous les fils et tous les enjeux. Par ailleurs, il doit trouver
un terrain d’entente avec le producteur et les diffuseurs.
Les pratiques et les stratégies varient selon chaque cinéaste. Certains réalisateurs assument en
dehors de leur fonction directive, d’autres fonctions. Cela dépend souvent de leurs formations
initiales (dessin, écriture, architecture, photographie, décoration, etc.). Ainsi certains réalisateurs
sont également scénaristes, acteurs, chefs opérateur et monteurs. Et, sont aussi parfois,
producteurs de leurs propres films. Afin d’appuyer un style, d’autres cinéastes s’arrangent pour
engager les mêmes collaborateurs, en particulier le scénariste ou encore l’acteur à qui ils laissent
une grande marge de manœuvre.
Parfois, les cinéastes passent par la télévision avant d’en venir au cinéma. La gestion d’un film
pour le cinéma ou pour l’audiovisuel ne s’avère pas exactement la même. Ainsi pour un film de
fiction, on retrouve les mêmes phases de supervision de l’écriture, de la distribution (acteurs), du
découpage, du tournage, du montage et des finitions diverses. Alors, qu’en revanche, pour
certaines séries télévisuelles, l’écriture ou encore la distribution ne sont pas laissées au libre choix
du réalisateur. Et de surcroît lorsqu’il s’agit d’émissions.
Par conséquent, ses fonctions sont difficiles à délimiter, non seulement du point de vue de son
implication aux différentes phases du processus, mais également de son intervention concrète à
chaque étape de fabrication. Ce qui fait dire à Michel Chion que « tel un Prométhée enchaîné, le
réalisateur doit mener de tous temps une bataille permanente pour reconquérir et défendre sa
place »

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